Une réflexion sur « Bonne année et bonnes résolutions »

  1. Bonne et heureuse année à toutes et à tous ! Que vos souhaits , vos projets et vos rêves deviennent réalités ! Avec la meilleure santé possible !Pour Christophe , que nous soyons à la hauteur de tes espérances !Ton merveilleux message m'a touché au coeur et m'engage à m'investir " à fond" dans notre prochain concert ! Quel chance a-t-on de t'avoir comme chef !Pour 2023 , que du bonheur pour tous .. Pour les " plus vieux " ….. on se cramponne !AmitiésBernard

    envoyé : 31 décembre 2022 à 22:15de : Christophe JEAN-BAPTISTE <christophe.jean-baptiste@wanadoo.fr&#62;à : GC ACJ Grenoble <grandchoeur@choraliesgrenoble.org&#62;objet : Bonne année et bonnes résolutionsBonne et heureuse année à tous ! Et comme c’est la tradition au seuil d’un nouvel an, j’ai pour vous quelques bonnes résolutions ( et autres consignes) que je me fais le plaisir de vous inviter à lire, avant ou après les agapes ; à vous de choisir… Aussi amicalement que joyeusement !Christophe  Vos bonnes résolutions pour 2023, ou au moins pour le dimanche 29 janvier… Nous allons pénétrer dans un « temple » de la musique, je parle du « Magnificat » de Bach…Il est important de prendre la mesure de la chance, d’abord, que nous avons de pouvoir chanter cette œuvre, et de la « responsabilité », ensuite, qui nous incombe de servir humblement ce sommet de l’art musical de Bach.Il s’agit bien de l’investir avec justesse et sincérité pour laisser éclore et transmettre le message du Cantor.Aussi, je vous fais part de mes aspirations, à partager, pour nous préparer à ce moment. Je compte sur tous pour « habiter » l’interprétation que nous en ferons, et nous souhaiter qu’elle soit inspirée par la grâce.Il y a donc trois plans sur lesquels nous devons porter notre attention, nos intentions, et que nous devrons unir pour accéder à la joie de donner à entendre le « Magnificat », qui peuvent se résumer en trois questions :Nous chanterons : Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Quoi ? Le « Magnificat » est une prière de louange, de foi confiante et d’espérance. Pourquoi ? Parce que l’œuvre existe, qu’elle est le fruit du labeur et du génie (!) d’un compositeur, J.S. Bach ; qu’à ce titre, nous devons être les intermédiaires de « son » message, de ce qu’il a exprimé et mis de lui dans « son » œuvre, que nous partagions ou pas sa foi, sa croyance, ses conceptions du monde. Comment ? En mobilisant toute notre attention à la qualité de l’interprétation (les nuances, les dynamiques, les articulations, les phrasés, les textures sonores, etc.) Le texte du « Magnificat », par sa richesse, d’une part, et par la place singulière qu’il occupe dans l’histoire de la liturgie, comme de l’église, d’autre part, mérite qu’on le comprenne bien et l’assimile. C’est à cette condition qu’on peut ressentir et toucher les intentions de Bach, lorsqu’il le met en musique. Comme interprètes (musiciens, instrumentistes, choristes, mais aussi simple « humain »), nous ne sommes pas contraints d’adhérer à la même foi que Bach, ou les fidèles de cette église ; mais puisque nous choisissons de chanter cette œuvre, donc d’en énoncer le contenu, le texte, les paroles, nous nous devons d’en être surtout le véhicule du sens. Les commentaires éclairés sur le texte ne manquent pas et vous en trouverez pléthore sur le Net.(A ce propos, n’oublions pas que Bach était protestant et que sa Bible était celle de Luther. Il s’agit d’une (infime ? ) variante dans la conception de la place de Marie dans le contexte biblique, mais qui appelle d’en tenir compte pour percevoir en quoi cette conception a influencé la pensée de Bach).Martin Luther, lui-même, a écrit un long « commentaire sur le Magnificat » (Cf. ici, un commentaire sur le texte de Luther : https://www.catho-bruxelles.be/wp-content/uploads/2017/09/Le-Magnificat-par-Luther-5p-Foket.pdf ) Pour revenir au texte, beaucoup considèrent que le « Magnificat » est la prière d’action de grâce la plus belle et la plus riche de toute la Bible.Ce qui est singulier et marquant est que cette prière de louange ne parle pas de la Vierge Marie, mais mieux, elle est prononcée par elle. Dans ce cantique, Marie témoigne de sa foi confiante et de son espérance. Sa parole montre ainsi la voie : celle de l’humilité, celle de la foi inébranlable en la puissance de Dieu qui relève les humbles et les comble de grâces.Bach met cette parole en musique. Il ne parle pas de lui, il laisse Marie s’exprimer, qui, dans son rôle de femme, d’humaine, touchée par la grâce, nous invite à entendre le message qu’elle délivre sur la bonté et la miséricorde divine. Quand nous chantons le « Magnificat » de Bach, « nous sommes Marie », dans toute son humanité. Il nous faut donc suivre avec ferveur, mais sans emphase, ni dans l’esprit, ni dans la manière (interprétation musicale), cette voie d’élévation spirituelle. Comme tous les acteurs le font pour « interpréter » un rôle, pour incarner le texte, la parole de Marie, ne devons-nous habiller d’un sentiment profond, intense du sacré (qui est sien), mais avec pudeur et la plus grande humilité, à son image. Le message se veut universel, et il est empli d’allégresse, de bout en bout. La musique de Bach soutient l’expression de cette joie, qui mêle l’enthousiasme et la retenue. Pour parvenir à être au plus près de l’intention de Bach, nous devons trouver le juste équilibre entre fougue humilité, entre allégresse et tendresse, entre humanité et spiritualité. A nous de traduire ces contrastes dans l’interprétation musicale, par l’équilibre des voix d’abord ; pas de saillances intempestives, pas d’excès de puissance.L’homogénéité des voix, des pupitres sera le socle de l’expression de l’inébranlable foi de Marie.La légèreté et la souplesse des voix exprimeront la joie vivante et sereine ; l’énergie et la présence investie de tous, l’exaltation du sentiment de  fougueuse allégresse et de confiance qui l’anime.En évitant bien sûr l’écueil d’une vision romantique, ou d’une interprétation pâteuse et ampoulée. Une diction claire, une articulation précise des paroles sont nécessaires pour servir la clarté rhétorique du texte et de la musique. Le chœur (les deux chœurs réunis, ce qui représente une masse sonore imposante qui devra garder toute la finesse d’une évidente légèreté) a également, parfois, un rôle démonstratif, légitime, que Bach a délibérément mis en lumière pour transposer sa lecture du Cantique de Marie. Mais là encore, il s’agit de trouver l’équilibre sans verser dans le maniérisme « décoratif ». Dès l’entrée du premier chœur (« Magnificat ») nous devrons nous sentir en confiance, en installant une pulsation régulière, stable, posée et être attentif aux articulations souples du phrasé (Ah… le fameux poulpe ! ; mais pas que…), aux dynamiques, aux élans, aux nuances, et donner un paisible sentiment d’éternité.Vous devrez être attentifs à ciseler la musique et le texte, la prononciation, les couleurs et les textures sonores du chœur, les contrastes et les expressions ferventes et humble de cette louange. Enfin, n’oublions pas qu’avec Bach, on est « à l’église » et pas « au concert » ! (ou pas seulement…).Sa devise, par quoi il signait souvent ses œuvres en entête, était : Soli Deo Gratia.  « Dixit Dominus »Concernant le « Dixit Dominus » de Vivaldi, s’il y aurait aussi beaucoup à dire, en fait, tout ce qui précède quant aux attentions techniques d’interprétation reste valable pour cette œuvre. Vivaldi n’est pas un compositeur moins essentiel dans l’histoire de la musique ; bien au contraire. On doit même se souvenir que Bach l’admirait. Mais le « Dixit Dominus » prend dans le cadre de ce concert un caractère différent de proclamation plus triomphale, et de psaume plus exultant que le « Magnificat ».C’est une œuvre dont le contenu textuel, et donc musical par l’appropriation et la transposition qu’en a fait Vivaldi, exalte la splendeur et la puissance de Dieu triomphant, salvateur de l’humanité, dispensant la justice universelle. Le caractère qui traverse et unifie toute l’œuvre, est celui de l’expression reconnaissante, et expansive, d’une joie commune. Pour aller plus loin, je joins (ci-dessous) deux commentaires, empruntés à Bernard Cassard et Michael Talbot que je vous laisse parcourir. Avant de vous laisser à cette édifiante lecture, je fais une brève excursion dans la « petite histoire »… D’abord parce que les deux œuvres au programme ont quelques points communs, peut-être fortuits :Elles sont toutes les deux en Ré majeur ; ont toutes les deux la quasi même orchestration, la même durée, et surtout un même fond de caractère à la fois sacré et joyeux.Mais aussi, on peut noter la proximité temporelle des deux compositeurs ; ils étaient de la même génération, ont vécu presque aussi longtemps l’un que l’autre ; ils se connaissaient indirectement et s’appréciaient, et sont morts tous les deux un 28 juillet. Ce programme les réunit dans un partage, pour les uns, d’une foi confiante, pour d’autres, d’une expression spirituelle différente, agnostique ou transcendantale, ou pour d’autres encore, du simple émerveillement devant le prodige de la musique et du génie des compositeurs. Dans tous les cas, il y a de quoi s’émerveiller ! Je vous remercie de votre attention (et d’avoir déjà lu jusque-là !). Christophe Les commentaires sur le « Dixit Dominus » de Vivaldi… LE DIXIT DOMINUS, UN PSAUME DE TRIOMPHE !Le psaume « Dixit Dominus » (Psaume de David) est un psaume messianique de triomphe et de victoire.Ce psaume commence par une promesse solennelle faite par Dieu au Messie :il mettra sous ses pieds tous ses ennemis.Puis, il lui accorde toute la puissance nécessaire pour qu’il les domine.Le psalmiste poursuit en proclamant les liens puissants qui unissent Dieu et le Messie.Après quoi, dans un serment magistral, Dieu s’engage à donner au Messie le pouvoir d’accorder aux humains la vie pour toujours.Survient alors le jugement triomphant de Dieu avec l’anéantissement du mal sur la terre et la destruction de tous ses ennemis.Le psaume s’achève par deux brèves paroles.La première rappelle la manière dont le Messie a mené sa mission, tandis que la seconde annonce avec simplicité l’assurance de sa victoire finale.Ces deux paroles sont l’expression de la tranquillité et de la paix qui pourront alors se répandre dans le royaume de Dieu.(Commentaire emprunté à Bernard Cassard).  Commentaire de Michael Talbot. Le Dixit Dominus, RV594, est sans conteste la plus grandiose des œuvres concertantes en plusieurs mouvements conservées de Vivaldi et fait appel à un double chœur et à l'orchestre.Comme il s'agit du psaume d'ouverture de toutes les séquences de cinq psaumes chantés aux Vêpres, les arrangements du "Dixit Dominus" ont souvent, comme ici, un caractère cérémoniel et introductif.Le choix de ré majeur par Vivaldi, une tonalité vive convenant aux trompettes, est conforme à la pratique courante.Les deux premiers mouvements, un chœur exultant en ré majeur suivi d'un chœur plus réfléchi en si mineur, suivent un modèle reconnaissable non seulement dans la précédente mise en musique du même psaume par Vivaldi (RV595) mais aussi dans ses deux mises en musique du Gloria (RV588 et 589).La qualité statuaire d'une partie de l'écriture vocale du premier mouvement rappelle le plain-chant, tandis que sur le mot "Sede", Vivaldi exprime très efficacement le mouvement de s'asseoir.Les quatre premières notes du chœur "Donec ponam" (qui passent du si au fa dièse) présentent le motif germinal de toute la composition.Les deux chœurs sont suivis de deux élégantes 'arias d'église', respectivement pour soprano et alto. Vient ensuite un puissant chœur sur 'Iuravit Dominus' qui exploite l'antiphonie entre les deux chœurs.Dans la deuxième section, "Tu es sacerdos", Vivaldi montre sa technique fuguée et sa maîtrise du contrepoint triple (où n'importe lequel des trois sujets peut servir de basse aux autres).Vers la fin de l'œuvre, il se livre à un jeu de mots typique, illustrant l'idée d'éternité ('aeternum') avec des notes longues. Le "Dominus a dextris tuis" est un duo énergique pour ténor et basse. L'idée que le Seigneur "frappe les rois au jour de sa colère" est mise en évidence par quelques passages virtuoses de colorature.Pour le Jour du Jugement ('Iudicabit in nationibus'), Vivaldi fait revenir les deux trompettes, qui commencent le mouvement par sept mesures non accompagnées explorant presque tout le champ d'action de l'instrument.Plus tard, les figurations rapides des cordes ajoutent beaucoup au drame alors que le Seigneur poursuit son œuvre de rétribution et de destruction. Le solo d'alto 'De torrente in via' apporte une touche bienvenue de lyrisme paisible (les triolets en doubles croches évoquent les ondulations du ruisseau) avant qu'une version abrégée du mouvement d'ouverture n'introduise la doxologie ('Gloria Patri').La mise en musique par Vivaldi de la deuxième partie de la doxologie ('Sicut erat in principio … Amen') est son essai le plus élaboré de contrepoint fugué.Les huit parties vocales sont maintenues indépendantes tout au long de l'œuvre et, dans de nombreux passages, les instruments ont également des parties séparées.Le sujet de la fugue de huit mesures, qui commence par le "motif germinal", est de forme identique à l'ouverture de la basse des Variations "Goldberg" de Bach.En fait, il s'agit d'une basse de chaconne populaire à l'époque.Le traitement fugué, qui fait souvent migrer la "basse" vers les voix supérieures, renforce le sentiment de monumentalité et fournit un point culminant palpitant.   

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